Shakespeare. « Le Fou se croit sage et le sage se reconnaît fou »

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Shakespeare
Auteurs : RV Rigal
Illustrateur : A. Demaegd, Nériac

Nombre de joueurs :2 à 4 joueurs
Durée : 90-120minutes.

Shakespeare… L’avis de DB

Que dire de ce jeu qui n’a pas encore été dit …. Difficile.

Avant tout, c’est un Ystari. Et Ystari, ce n’est pas une bête maison d’édition.

C ‘est un temple.

Avec ses règles, ses traditions, ses fidèles..

Et Shakespeare ne déroge pas au dogme du Ystari traditionnel.shakespeare'

Le système. Au premier abord classique. MAIS savoureux.

Je ne sais pas vous, mais la cuisine moléculaire, très peu pour moi. Rien de tel qu’une bonne assiette du terroir, classique, garnie par un amoureux du goût.

Nous sommes ici face à un jeu de type pose d’ouvriers. Classique.

Les « ouvriers » (qui ici n’en sont pas), sont représentés par des jetons d’actions. Classique.

Ces jetons déclenchent des actions lorsqu’ils sont déposés sur un emplacement, classiquement hein.

La première subtilité étant que les joueurs débutent tous avec les 4 mêmes actions disponibles sur leur plateau personnel MAIS vont construire leur propre panel d’actions en en sélectionnant une de plus par tour (sous forme de carte). Toutes ces actions étant personnelles, l’interaction ne se situe pas là.

Il n’y a d’ailleurs quasiment aucune interaction « directe » dans ce jeu. En revanche, l’interaction « indirecte » est très présente. J’entends par là le « T’as besoin de ça ? Hop je le prends avant toi. ».

C’est une part importante des drames qui se jouent dans Shakespeare…. des drames….. Shakespeare….. Ouais bon, d’accord.

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De la vilainie Ystarienne.

Vu ce genre de problèmes fréquents dans le jeu, vous comprendrez que l’initiative y a une importance majeure. Et c’est là qu’intervient la touche de vilainie de cet opus.

Chaque Ystari qui me tient à cœur en est pourvu. Et celui-ci n’échappe pas à cette constante.

En effet, il faut MISER le nombre d’actions (à poings fermés) que l’on désire effectuer.

L’ordre du tour se fera en commençant par les joueurs ayant le MOINS d’actions.shakespeare 1

Vous voulez jouer avant les copains ? Ben, vous jouerez moins !

Et là, ça grince des dents autant que des synapses. Anticipation, guessing, pari, optimisation, couinements, mode Bacri ON, ….

De plus, le tour suivant, les actions que vous venez d’effectuer vous serons toutes interdites (sauf une). Tu la sens la vilainie, là ?

Du bel habillage d’un jeu technique.

En parlant comme un triste technicien du système dépourvu de sensibilité, je n’ai pas pris le temps de vous détailler comment tout est inséré dans une thématique originale.

Alors certes, ce n’est pas un jeu où l’on doit réciter des phrases en vers, où l’on a VRAIMENT l’impression de monter une pièce de théâtre. (Rendez-vous au rayon jeux d’ambiance pour ça)

Cependant, des efforts on été vraiment faits pour que le thème transparaisse, et ça fait du bien.

Ah oui, au fait, l’ensemble des « cartes actions » que vous prenez durant la partie, sont des acteurs ou des artisans et ils ont un coût. En bon metteur en scène fauché vous ne les payez pas en les prenant : il faut tout payer à la fin ! ! Chaque personnage non payé : -2 points !

(On gagne rarement avec plus de 3 points d’avance, comprenez-y ce qu’il faut comprendre…autrement, on peut plus rien pour vous mon vieux)

Le tomber de rideaushakespeare 2

Au final, les chemins vers la victoire sont nombreux et pas scriptés. Les choix sont sans cesse renouvelés en fonction de ceux de vos adversaires. Le jeu est très beau et les règles vraiment accessibles.

Pour moi, ce Shakespeare est une nouvelle œuvre majeure d’Ystari.

 

Ce genre de jeu de la trempe d’ Amyitis, Assyria ou Myrmes, que l’on peut ressortir 5 ou 10 ans plus tard en se demandant pourquoi on a joué à autre chose. On est con, nan ?

Allez Zou ! Chouchou des FouFous je vous dis !

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